Page:Pouchkine - Boris Godounov, trad Baranoff, 1927.djvu/116

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

qui servit les tsars, et qui va lutter pour notre souverain !


L’IMPOSTEUR

Il est heureux ! Comme son âme est pure et resplendit d’honneur et de bravoure ! Que je t’envie, mon noble prince, fils de Kourbsky qui souffris l’exil ! Oubliant l’outrage que subit ton père, ayant expié toi-même les fautes du défunt, c’est pour le fils d’Ivan que tu vas combattre aujourd’hui, afin de rendre à Moscou son tsar légitime. Tu as raison, ton cœur peut se réjouir.


KOURBSKY, (à l’imposteur.)

Ton âme n’est-elle point débordante de joie ? Voici notre patrie ! Elle est à toi, Tsarewitch ! C’est ici que tes sujets t’attendent, ainsi que Moscou, le trône et la couronne.


L’IMPOSTEUR

Je pense au sang des Russes qui va couler ; vous êtes sans reproche, servant la cause du Tsar ; mais moi, je vais vous faire tuer vos propres frères ; contre la Russie, je mène les Polonais ! C’est moi qui montre à 1 ennemi la route, la route sacrée de notre cher Moscou ! Que mon crime ne retombe point sur moi, mais sur ta tête, Boris le régicide !