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Page:Pouget - La Confédération générale du travail, 1908.djvu/39

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II

LA GRÈVE


Au premier plan des moyens d’action, le plus à la portée des travailleurs est le refus du travail, — la grève. Ont recours à elle, les travailleurs inorganisés, de même que les travailleurs organisés.

En effet, la grève n’implique pas l’existence d’un syndicat. Dans les centres où les travailleurs végètent, sans lien entre eux, poussière humaine à la merci de l’exploiteur, elle est souvent le prélude du groupement quand le joug se fait trop écrasant, c’est à la grève que les victimes ont recours, et alors, ce soulèvement spasmodique nécessite une coalition momentanée qui, sous l’action des plus conscients, devient l’embryon d’un syndicat.

Dans la grève de travailleurs organisés, il entre davantage de méthode et de conscience révolutionnaire, et la portée économique du conflit n’est pas limitée aux seules questions du litige ; la grève apparaît alors comme un épisode de guerre sociale.

Il est nécessaire de noter que l’appréciation des travailleurs, sur la valeur de la grève, en tant que moyen révolutionnaire, s’est considérablement modifiée sous l’influence du syndicalisme. La grève n’est plus regardée comme un « mal » fatal, inévitable, — un abcès qui, en crevant, manifesterait brutalement l’antagonisme du capital et du travail, mais sans profit possible et immédiat pour ce dernier. Elle