Page:Pradez - La Revanche du Passé, 1900.djvu/30

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robuste, dressait une tête droite, au vert cru.

— Si je n’avais pas été là, moi, dit-elleenfin, il y a longtemps que tu aurais été à ton aise.

— Élisabeth, s’écria Mme Georges saisie, qu’est-ce que tu veux dire ?

Et elle resta un moment silencieuse, cherchant rapidement à trouver le sens vrai des paroles d’Élisabeth. Cette remarque qui n’était peut-être qu’une observation naturelle et banale, sans portée définie, pouvait aussi cacher autre chose.

Elle posa ses mains longues et fines sur les épaules osseuses, et elle demanda inquiète :

— Tu as si souvent l’air de penser à des choses que tu ne dis pas, Élisabeth ; est-ce cette étrange idée qui te préoccupe ?

En même temps elle chercha, mais en vain, à rencontrer le regard de sa fille.

Comme si l’anxiété visible de sa mère l’eût glacée, Élisabeth était redevenue fuyante et froide. Elle était pour le moment inaccessible à toute franche expansion.