Page:Pradez - La Revanche du Passé, 1900.djvu/35

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Elle entra, circula au milieu des meubles, et s’approchant de Mme Georges, elle lui dit presque à l’oreille :

— Cette glace… tous ces meubles de là-bas, on dirait vraiment…

Mais elle s’arrêta brusquement, sans achever sa phrase ; sa personne courte et massive prit un air de gaucherie hésitante. Elle trouvait à sa maîtresse une attitude inusitée, comme si quelque chose de hautain et de dédaigneux se dégageait de son ordinaire bienveillance. Sa maladroite allusion au passé lui avait sans doute déplu.

Il y eut dans la chambre encombrée et obscure un silence de quelques secondes, puis Mme Georges s’adressant à Élisabeth, dit :

— Yeux-tu ce secrétaire dans ta chambre, Élisabeth ?

En même temps, elle posa la main sur un petit meuble d’ébène aux pieds tordus et sculptés. Elisabeth se leva. Elle avait suivi avec une attention ardente la scène muette qui venait