Page:Pradez - La Revanche du Passé, 1900.djvu/34

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vague, mais rongeante inquiétude, par une attitude indifférente ou des paroles menteuses. Ses traits maladifs se crispèrent dans une rigidité singulière, et tout de suite la mère vit sur le visage blanc l’expression dure et fixe qu’elle redoutait tant. Elle s’écria douloureusement :

— Élisabeth ! Qu’est-ce que tu as ? Je t’en prie, dis-moi ce que tu as ? Quelque chose t’agite, te tourmente. Qu’est-ce que c’est ?

Mais avant qu’Élisabeth eût le temps de répondre, la porte s’ouvrit toute grande sous une poussée brusque, et une tête échauffée passa par l’ouverture.

Dehors la pluie s’était mise à tomber ; l’eau battue par le vent frappait les vitres d’incessants coups de fouet et ruisselait en torrents le long du verre. Il faisait presque nuit dans la chambre pleine de désordre.

Étonnée du silence qui l’accueillait, Gertrude cherchait à distinguer quelque chose dans l’obscurité. L’éclat de la grande glace fixée en face des fenêtres finit par frapper son œil.