Page:Pradez - La Revanche du Passé, 1900.djvu/80

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


rousse exerçait certainement sur sa fille une de ces pressions maternelles sans entrailles.

Dès qu’il eut disparu, la voisine descendit, pressée d’avoir, sur l’état d’Élisabeth, des détails précis.

— Ce n’est rien, balbutia Mme Georges… un peu d’anémie, rien de grave, merci…

Et elle regretta d’avoir entr’ouvert l’enceinte fermée où elle vivait avec sa fille.

Par cette brèche étroite, une curiosité étrangère était entrée et serait toujours aux aguets autour d’elles.

Pensive, elle rentra chez elle, tenant entre ses doigts une feuillé volante avec une ordonnance griffonnée au crayon. Au moment où elle allait franchir le seuil, ses yeux tombèrent sur la plaque de cuivre que Gertrude entretenait toujours brillante à côté de la sonnette, et elle y lut les trois mots gravés en noir, tout au long : « Madame Veuve Georges. »

Toute son honorabilité vis-à-vis du monde tenait sur ce feuillet de cuivre, dans trois mots qui tous les trois mentaient !