Page:Procès-verbal de la Commission Municipale du Vieux Paris, 1898, 4.djvu/18

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Saint-Michel, au coin de la rue Pierre-Sarrazin ; le troisième rue Saint- Jacques, entre la rue des Écoles et le boulevard Saint-Germain.

Le collecteur des quais ou collecteur bas, rive gauche, est d’abord dévié en deux points : 1° aux abords de la place Valhubert pour passer sous la gare, emprunter la rue des Messageries et le boulevard de l’Hôpital ; 2° à la rue des Fossés-Saint-Bernard, par laquelle il vient rejoindre son ancien parcours des quais. Ces deux déviations constituent le troisième lot des travaux.

Parmi les ouvrages accessoires, il faut citer, en première ligne, les déversoirs d’Austerlitz, et de Saint-Bernard destinés à évacuer les eaux d’orage, non seulement du collecteur des quais, mais aussi du collecteur de Bièvre, par la rue de Buffon et la rue des Fossés-Saint-Bernard. Non moins importants sont les bassins de désablement situés au confluent, avec le collecteur de Bièvre, rue de Jussieu pour ce dernier collecteur, et destinés à remplacer les bassins de la place Saint-Michel; d’autres bassins ont été établis à l’origine de la rue des Fossés-Saint-Bernard pour le collecteur des quais.

Sur tout le parcours de la rue des Fossés-Saint-Bernard, les travaux ont été exécutés en tranchée; de la rue des Écoles à la rue des Fossés-Saint-Bernard, ils ont été faits en souterrain au moyen de trois puits d’attaque très peu espacés.

Enfin, depuis la rue de Pontoise, en suivant les quais jusqu’à la rue de Bourgogne, l’ancien collecteur bas est entièrement supprimé et remplacé par un collecteur neuf destiné à l’évacuation des eaux de l’îlot compris entre la Seine et le boulevard Saint-Germain. Ce nouveau collecteur bas, en quittant les quais, suit les rues des Grands-Degrés, de la Bûcherie et de la Huchette, remonte la rue de la Harpe, redescend le boulevard Saint-Michel, gagne la place Saint-André-des-Arts par la rue Saint-Sévérin, suit les rues Saint-André-des-Arts et de Buci, bifurque rue de Seine pour gagner la rue Jacob et suivre la rue de l’Université jusqu’à la rue de Bourgogne, où il se raccorde avec l’ancien collecteur de la rue de l’Université. Deux déversoirs d’orage desservent ce collecteur neuf, l’un à la rue Bonaparte, l’autre à la Concorde. Cette deuxième partie de la dérivation du collecteur des quais constitue les 4e , 5e et 6e lots des travaux.

Sur un parcours d’environ 1,250 mètres, le 4e lot s’étend de la rue de Bourgogne à la rue Bonaparte ; il est exécuté entièrement en souterrain au moyen de vingt-cinq puits d’attaque espacés de 50 mètres d’axe en axe.

Le 5e lot, qui fait suite au précédent, de la rue Bonaparte à l’extrémité de la rue de la Harpe, est aussi exécuté tout en souterrain ; il a dix puits d’attaque.

Le 6e lot, qui est en suivant, depuis l’extrémité de la rue de la Harpe jusqu’au quai de la Tournelle, est également exécuté en souterrain, sauf en deux endroits où le travail a été fait en tranchée : 1° entre la rue Saint-Julien-le-Pauvre et la rue Lagrange ; 2° entre la rue Maître-Albert et le quai de la Tournelle. Quatorze puits d’attaque desservent les parties en souterrain.

Le déplacement des collecteurs de la Bièvre et des quais entraîne en outre : 1° de nombreuses modifications dans les égouts existants, notamment des renversements de pente ; 2° la construction de petits égouts neufs sur les quais, le long du chemin de fer.

Enfin, la totalité des travaux énumérés ci-dessus est exécutée au compte de la Compagnie d’Orléans, par les soins du service des égouts de la Ville de Paris, sous la direction de M. Bechmann, ingénieur en chef des Ponts et chaussées, avec le concours de MM. Legouez et Tur, ingénieurs ordinaires, et de MM. Robin, Martin Coulomb, Lassalle, Hénault, Lan et Pérès, conducteurs.

Les fouilles exécutées pour la modification des égouts de la rive gauche ont amené déjà quelques découvertes archéologiques qu’il importe de mentionner, et au sujet desquelles j’ai l’honneur de vous présenter un compte rendu au nom de la 2e Sous-commission.

Sur la partie du 3e lot située aux abords de la place Valhubert, rien n’a encore été signalé. Mais il n’en est pas de même à l’entrée de la rue des Écoles, au point même où la Commission des inscriptions parisiennes a rappelé, par une inscription lapidaire, le souvenir de l’ancienne porte Saint- Victor de l’enceinte de Philippe-Auguste. Là, à 18 m. 30 c. du pan coupé de l’angle formé par la rue des Écoles et la rue du Cardinal-Lemoine, du côté des numéros pairs de cette dernière, on a découvert, dans un sol de remblais et de gravois, sur 10 m. 50 c. de long et 3 mètres de large, à 2 m. 75 c. de profondeur au-dessous du niveau du pavé de la rue des Écoles, le sommet d’un massif de pierre de taille de moyen appareil, lequel, après avoir été dégagé jusqu’à sa base de fondation, mesure 5 m. 15 c. de hauteur et porte sur un fond de sable. Ce massif est circulaire à ses deux abouts. Il est certain qu’on est là en présence d’une des deux piles de fondation de l’an-