Page:Procès-verbal de la Commission Municipale du Vieux Paris, 1898, 6.djvu/17

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La façade de la rue Grenier-Saint-Lazare présente de jolis mascarons de clefs.

Rue Simon-le-Franc, 22. — Plaque de nom de rue très ancienne, dont on pourrait prendre un estampage.

Même rue, 20. — Maison remarquable à beaucoup d’égards, mais dont l’aspect intéressant est presque entièrement caché par des ateliers construits dans la cour. La rampe d’escalier est de premier ordre ; les appuis de fenêtres, d’un dessin finement délicat, sont du plus bel effet.

Une porte Louis XIII, en parfait état, mérite l’attention. Deux médaillons sculptés dans le vestibule sont recouverts d’une épaisse couche de peinture qui empêche de lire les inscriptions en relief placées en exergue.

Rue Pierre-au-Lard, 12. — Belle rampe d’escalier, d’un dessin compliqué assez rare ; le travail d’exécution est remarquable. Malheureusement, ce morceau d’art est en mauvais état et ne résistera guère au déplacement.

Rue de Montmorency, 51. — La vieille maison, dite de Nicolas Flamel, qui montre sur sa façade la curieuse inscription gothique suivante gravée sur une seule ligne :

« Nous hômes et fêmes laboureurs demouraus ou porche de ceste maison qui fut fée en l’an de grâce mil quatre cens et sept : somes tenus chascu en droit soy dire tous les jours une patenostre et 1 ave maria en priant dieu q de sa grâce face pardô aux poures pescheurs trespassez, amen. »

La maison, par elle-même, construite en pierres de petit appareil, est originale. L’inscription dont on a demandé un estampage devra certainement être comprise dans les souvenirs parisiens surveillés.

Le bandeau qui surmonte cette inscription est caractéristique du XVe siècle, avec ses grosses moulures.

En résumé, notre excursion avait pour but de rechercher les souvenirs historiques menacés de destruction par les opérations de voirie dont l’exécution est imminente dans la rue Beaubourg et de noter au passage les vestiges anciens à l’égard desquels des mesures de préservation et de conservation vont être proposées.

Pour les maisons qui vont disparaître, nos 31, 33, 35 et 42 de la rue Beaubourg, nous proposons de prendre une vue perspective de la partie de la rue comprime entre le n° 31 et la rue du Grenier-Saint-Lazare.

La plaque de la rue des Petits-Champs pourrait être conservée, ainsi que le numéro de maison du 42.

Une vue de face du n° 33 serait intéressante, si le musée Carnavalet ne possède pas déjà une reproduction de l’aspect ancien.

Enfin, la 2e Sous-commission pourrait retrouver les traces de la muraille de Philippe-Auguste et contrôler ainsi une fois de plus les travaux de topographie exécutés à ce sujet.

En ce qui concerne les autres maisons visitées, nous présentons les propositions suivantes :

1º Établissement de relevés d’architecte reproduisant les rampes d’escaliers et les appuis de fenêtres des maisons suivantes :

Rue Grenier-Saint-Lazare, n° 4, rampe Louis XVI.

Même rue, n° 5, balcon extérieur du 1er étage, rampe d’escalier du bâtiment de droite, appuis de fenêtres de la façade et de la cour.

Rue Simon-le-Franc, 20, rampe d’escalier et appuis de fenêtres.

Rue Pierre-au-Lard, 12, rampe d’escalier.

2º Reproduction par relevé d’architecte des portes anciennes :

Rue Beaubourg, 31,

Rue Simon-le-Franc, 20,

et de la décoration du salon Louis XVI de la rue Beaubourg, 38. La fiche d’inventaire de cette maison contient une note destinée à faire surveiller les travaux de réparation de ce salon, de manière à s’assurer, à l’occasion, de l’état des peintures actuellement recouvertes de badigeon.

3º Reproduction photographique du pavillon du fond de l’immeuble rue du Grenier-Saint-Lazare, n° 5, et de ce qui reste de l’impasse Beaubourg.

4º Estampage de l’inscription gothique de la rue de Montmorency, 51, et de la plaque de rue apposée sur la maison de la rue Simon-le-Franc, 22.

En terminant, Messieurs, votre 1re Sous-commission insiste sur la nécessité d’empêcher autant que possible la dispersion des admirables œuvres décoratives qui ornent un grand nombre de maisons anciennes, dont la Ville de Paris devient propriétaire après les expropriations. Ces œuvres sont l’expression élevée du génie parisien ; elles concourent à entretenir le goût incomparable de nos arti-