Page:Procès verbaux des séances de la Société littéraire et scientifique de Castres, Année 1, 1857.djvu/135

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
— 135 —

assez grand, assez beau, assez digne de notre noble origine et de nos destinées, pour que nous tenions à le conserver tout entier avec les droits qu’il donne, les jouissances qu’il amène, et les résultats par lesquels il récompense notre persévérance et nos efforts. L’étude de la philosophie sert à perfectionner, ou plutôt à diriger cette faculté de raisonnement que nous avons en nous-mêmes, et qui nous conduit d’une vérité claire, évidente par elle-même à une autre vérité plus cachée, marchant ainsi de progrès en progrès, dans une voie où l’homme apprend à se connaître et à remonter vers celui de qui il tient tout.

M. l’abbé Maffre prouve ensuite que la raison démontre invinciblement un certain nombre de vérités qu’il énumère. Il prend pour exemple la démonstration d’un Dieu éternel, souverainement intelligent, tout puissant et créateur. Il montre comment procède la raison ; il indique la voie qu’elle suit, les preuves qu’elle trouve, l’enchaînement qu’elle leur donne. Il établit fortement l’autorité avec laquelle elle arrive à une solution qu’un esprit impartial, sans préjugés et sans mauvaise foi, doit non seulement admettre, mais encore embrasser avec ardeur et défendre avec l’entraînement d’une conviction profonde. Il termine ainsi :

« De bonnes études philosophiques loin d’ébranler la vérité dans notre esprit, nous affermissent au contraire dans nos convictions en nous faisant mieux connaître cette vérité : que nous ne devons pas avoir la prétention de tout savoir. Ce serait orgueil et folie. Mais nous ne devons pas non plus nous laisser aller à cette pensée qu’il nous est impossible d’arriver à aucune certitude. Nous nous dégraderions nous-mêmes en nous assimilant aux êtres qui sont sans intelligence. L’humilité ne consiste pas à abdiquer les facultés naturelles que Dieu nous a données, mais à faire de ces facultés, et en particulier de la raison qui est la plus noble de ces facultés, un usage utile pour la gloire du créateur, le bien de nos frères et la perfection de notre être. »