Page:Procès verbaux des séances de la Société littéraire et scientifique de Castres, Année 1, 1857.djvu/27

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1° Les météores aqueux versent, sur la terre, beaucoup plus d’eau que les cours existants n’en déchargent dans la mer.

2° Toute l’eau que produisent les sources n’est que le douzième de celles que les pluies et les autres météores aqueux versent sur la terre.

La terre s’imbibe d’eau avec plus ou moins de facilité, suivant qu’elle est plus ou moins spongieuse. L’eau ne descend d’abord, n’avance qu’avec une grande lenteur : souvent, après une forte pluie, elle n’a pénétré qu’à une petite profondeur. Entraînée néanmoins par sa pesanteur, elle ne cesse de descendre que lorsqu’elle rencontre une couche imperméable. Alors elle change de direction pour suivre l’inclination des pentes. Voilà l’origine des sources.

Il ne peut se former des sources dans les lieux où la première couche du sol est imperméable. Dans ce cas, les eaux de pluie s’écoulent à la surface du sol à mesure qu’elles y tombent. Elles donnent naissance à des torrents et non à des sources.

Une source ne peut pas se former entre deux couches perméables. Une couche, même perméable, ne peut servir de lit à une source, s’il s’y rencontre des fissures verticales ou obliques, qui permettent à l’eau d’atteindre jusqu’aux couches inférieures. De là vient, qu’après un tremblement de terre, certaines sources ont tari tout-à-coup. Enfin, on ne doit jamais chercher une source sur la ligne de partage des eaux, sur les croupes des montagnes, des collines et des contreforts.

Mais tout vallon et tout pli de terrain formé à la surface d’une couche perméable, reposant elle-même sur une couche imperméable, renferme certainement une source, s’il est suffisamment vaste ; et le volume de la source est proportionnel à l’étendue et à la perméabilité du sol où elle est produite.