Page:Procès verbaux des séances de la Société littéraire et scientifique de Castres, Année 1, 1857.djvu/72

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dans le récit. On y trouve des observations neuves, des anecdotes curieuses, des particularités historiques retracées avec une gaîté inépuisable. Pourquoi ne peut-on pas en retrancher certains tableaux qui semblent détachés de ses plus mauvais romans ? L’obscénité dénature toujours l’esprit, et l’impiété flétrit les plus heureuses inspirations.

M. Albert Montémont a écrit un Voyage aux Alpes et en Italie. Il est sous forme de lettres, et peut sans désavantage être comparé à celui de Dupaty. À la même époque, qui correspond à celle des impressions, genre de littérature à la portée de toutes les imaginations un peu éprises d’elles-mêmes, paraissent des productions qui se ressemblent pour le fond et pour la forme, au moins autant que pour le titre. Une nomenclature est toujours fastidieuse, quand elle porte sur des objets qui ne se détachent l’un de l’autre par aucun trait essentiel. M. Nayral passe rapidement. Il signale pourtant le Voyage de Castres à Montpellier, adressé à Mme Balard par M. Fournès, de Labruguière, et le Voyage de Castres à Tonneins, par M. Albert. Ces productions locales qui, à ce seul titre réclameraient l’attention, et que recommandent des mérites réels, sont peu connues.

M. Nayral consacre une mention spéciale à M. de Labouïsse-Rochefort. La Promenade à Longchamp, les Voyages à Saint-Maur, Trianon, Montrauge, Saint-Léger, Charenton, et Rennes-les-Bains, sont appréciés, avec la douce affection de l’ami, mais aussi, avec l’impartialité du critique qui ne veut rien perdre de ses droits, ni manquer à aucun de ses devoirs. M. de Labouïsse a beaucoup écrit ; il y a peu de genres qu’il n’ait abordés, peu de matières qu’il n’ait essayé d’enrichir. C’était une de ces natures trop expansives pour rester, en littérature comme dans la conduite, fidèle à cette juste mesure que l’esprit réduit à lui-même n’indique pas toujours, que le bon sens seul trace et limite. Il n’était pas poète, et il a fait trop de vers. Biographe curieux, observateur fin et délié, narrateur spirituel, il eut dû se