Page:Procès verbaux des séances de la Société littéraire et scientifique de Castres, Année 1, 1857.djvu/74

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M. A. Combes rend compte d’un travail adressé à la Société par M. de Caumont. C’est une Étude détaillée et comparée du Castellum Romanum de Larçay près de Tours.

Les études archéologiques n’ont pris une importance véritable que de nos jours. Des efforts individuels et d’une grande importance avaient été tentés, sans doute, et ils n’avaient pas été sans sucées. Mais ils s’étaient bornés à des sujets particuliers, et n’étaient pas arrivés jusqu’à l’époque peut-être la plus intéressante, parce que c’est la plus riche en monuments et en institutions. Les Romains n’ont pas seulement signalé leur passage et leur séjour sur les divers points du territoire de notre patrie, par des constructions gigantesques que les siècles et les hommes plus destructeurs encore, ont été impuissants à conserver ; mais ils ont imprimé partout ce cachet durable que les grands peuples laissent dans leurs moindres souvenirs. Or, la Gaule était la province privilégiée de Rome : elle était devenue, pendant la longue et constante décadence de l’empire, une seconde Italie. Les travaux romains ne pouvaient pas avoir disparu complètement dans les destructions violentes ou dans les transformations successives et insensibles. Il s’agissait d’aller les retrouver, de les étudier, de découvrir, à l’aide des renseignements qui nous ont été transmis, la loi qui les gouvernait, enfin de faire une science de ce qui n’avait été, jusqu’alors, qu’une série d’observations isolées et indépendantes.

C’est ce qui a été accompli de nos jours. Les Sociétés de province ont compris que c’était une partie importante de leur tâche. Elles ont voulu poursuivre le passé dans toutes ses profondeurs, et l’étudier dans tous ses mystères. Elles sont ainsi arrivées jusqu’aux temps primitifs qu’elles ont entrevus à travers la transformation que la conquête apportait pour se maintenir. Ainsi, les observations se sont classées, les obscurités se sont éclaircies, et ce qu’on ne faisait qu’entrevoir, on a pu l’étudier dans toutes ses parties, et l’embrasser dans son ensemble.