Page:Procès verbaux des séances de la Société littéraire et scientifique de Castres, Année 1, 1857.djvu/86

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grès rongés par le temps et irrégulièrement percés de petits trous. Les vases étaient découverts tout entiers ; ils se brisaient sous la main. Ils ne portaient la trace d’aucun vernis ; leur forme était tout-à-fait rudimentaire, renflée dans le milieu, écrasée vers le bas, sans anse et à large ouverture. Placés sur une ligne droite, d’une largeur de trois mètres et d’une longueur indéterminée, ils étaient emboîtés l’un dans l’autre ou isolés, posés verticalement, sans pied ni support d’aucune espèce. Deux de ces vases ont pu être conservés entiers. Ils ont été trouvés sous des blocs de grès, liés l’un à l’autre. Une large pierre de nature schisteuse, que les efforts de trois hommes pouvaient à peine soulever, couvrait une grande urne à deux anses, ou plutôt à deux oreilles, qui dépassaient les bords supérieurs. Une baguette en terre, engagée par chacune de ses extrémités dans les deux anneaux, paraissait destinée à maintenir le couvercle. Il n’en existe que des débris, parmi lesquels a été trouvée une aiguille en cuivre rouge.

Aucun squelette n’a été découvert dans le champ ni aux environs. Un vase unique, de la forme et de la capacité d’un long cuvier, renfermait un certain nombre d’ossements de grande dimension. Il n’a pu être conservé, et les débris qu’il a laissé échapper ne sont pas suffisants pour permettre de hasarder une conjecture quelconque.

M. Alibert se borne à la reproduction de ces faits. Des recherches plus étendues seront dirigées d’une manière régulière et avec une attention scrupuleuse, lorsque la récolte aura été enlevée. Peut-être sera-t-il possible alors, grâce à des indications nouvelles, de déterminer l’époque à laquelle doivent remonter ces vases, et de fournir des renseignements sur les habitants primitifs d’une contrée qui paraît renfermer plus de témoignages du passé, qu’on ne l’a cru pendant bien longtemps.

La Société a écouté avec un vif intérêt la lecture de ce rapport. Elle serait heureuse de voir, dans les centres qui environnent Castres, des hommes intelligents et studieux, porter leur attention