Page:Proudhon - La Révolution sociale démontrée par le coup d’État du 2 décembre.djvu/60

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idéal, la Société s’en approche de plus en plus par un mouvement d’émancipation continuel. Réduire indéfiniment les charges qui grèvent la production, les prélèvements opérés sur le salaire, les retenues imposées à la circulation et à la consommation ; diminuer les fatigues du travail, les difficultés de la main-d’œuvre, les entraves au crédit et au débouché, les lenteurs de l’apprentissage, les soubresauts de la concurrence, les inégalités de l’éducation, les hasards de la nature, etc. ; par un contrat de garantie et de secours mutuel : voilà, dans l’ordre de la richesse, toute la Révolution, voilà le progrès. L’économie sociale n’est point une constitution, à la manière de la féodalité ou des castes de l’Inde, un système tel que les utopies de Fourier et des Saint-Simoniens. C’est une science qui a pour objet de résoudre, par une méthode d’équation spéciale, les problèmes divers qu’engendrent les notions de travail, capital, crédit, échange, propriété, impôt, valeur, etc., etc. Il n’y a rien à substituer aux anciennes corporations d’arts et de métiers : c’est la liberté qui nous l’enseigne ; c’est la Révolution, le progrès, la science économique qui nous l’attestent.

Ainsi, au rebours de ce que supposent généralement les réformateurs et révolutionnaires, l’Humanité, en ce qui touche ses formes primitives et son organisation préparatoire, ne marche point à des reconstitutions ; elle tend à un dévêtissement, si j’ose me servir de ce terme, à une désinvolture complète. Plus d’ontologie, plus de panthéisme, d’idéalisme, de mysticisme : l’esprit purgé par la méthode baconienne, n’admet pas de conception à priori, ni