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RÉCITS DU LABRADOR

toyaient en gagnant le sommet des hauteurs. C’était de la galène et de l’oxyde d’étain ou cassitérite.

Plus loin encore, encastrés dans la pierre, je voyais d’énormes cristaux hexagonaux de molybdénite, de bismuthine, de cobalt arsénical, et des filaments d’argent natif rejoignaient des pépites d’or pur verdies par la lumière mystérieuse qui éclairait toutes ces richesses. Au-dessous, les minerais de cuivre se mélangeaient aux minerais de nickel, et les fers spathiques et oxydulés le disputaient aux oligistes et au fer hydraté.

Je ne savais où arrêter mes regards séduits et je baissais les yeux pour reposer un instant ma vue lassée par tant de splendeurs.

J’étais au comble de mes vœux. Ces gisements que j’avais tant cherchés étaient là, à quelques pas de moi. Je les voyais. Un effort, et je les touchais.

Je n’avais jamais douté de leur existence. Je savais que les lois de la nature sont invariables et que Celui qui les conçut ignorait le caprice. Je ne pouvais douter qu’aux lieux où il avait placé des granites, des gneiss et des micaschistes, il n’eût également placé les substances minérales qui les accompagnent toujours. Et je relevai les yeux.