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RÉCITS DU LABRADOR

spéciale de satisfaire ses appétits ou ses passions. C’est pourquoi, lorsque nous nous trouvons possesseurs d’un parfum qui nous agrée, nous le portons à nos marines pour en respirer les effluves odorants ; nous en versons des extraits sur notre mouchoir et sur nos habits, afin de leur communiquer une odeur qui nous est chère. Le loup-cervier de Laurent T… en avait usé à peu près de même sorte ; mais ne possédant d’autre vêtement que sa fourrure et aucun mouchoir, il avait trouvé pratique de la frotter sur l’objet de sa convoitise, et cela avec tant de persistance et de guignon tout à la fois, qu’il était resté pris par la queue.

Je hais le scepticisme, — cet esprit des ignorants et des sots ; mais si j’avais été le héros d’une semblable aventure, j’eusse certainement prié le plus courageux de mes amis de vous la conter.