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RÉCITS DU LABRADOR

compagnie elle-même — en ont acquis leurs précieuses qualités.

L’élucidation de cette métamorphose surprenante, restée inexpliquée jusqu’ici, m’a réconcilié avec mon intelligence humaine, que je croyais particulièrement épaisse. Elle ne peut manquer également de combler de joie les nombreux lecteurs que je me souhaite. Mais cette découverte, bien remarquable cependant, n’est pas la seule que je doive à cette croyance. J’y trouve l’explication de tous les vices d’une humanité qui se nourrit, en général, de perdrix, de dindons, de bœufs, de moutons, de morues, de harengs, de maquereaux, etc… — tous animaux qui servent de réceptacles aux plus répugnantes immoralités.

Je n’étonnerai personne en disant que l’outarde pond six œufs et que les fruits de son amour sont couvés avec autant de sollicitude par le mâle que par la femelle. Cependant je n’ose affirmer ce dernier fait, que je ne connais que par ouï-dire.

Les petits naissent assez faibles, mais acquièrent des forces avec une extrême rapidité. Dès les premiers jours de septembre, ils sont assez forts déjà pour commencer à gagner le fond des baies vaseuses du Labrador canadien.

Ils apprennent à voler et à se cacher avec une docilité surprenante.