Page:Puyjalon - Récits du Labrador, 1894.djvu/138

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
137
RÉCITS DU LABRADOR


LE MAQUEREAU


Autrefois nous étions riches en maquereau. Il a disparu. Les pêcheurs américains l’ont chassé de partout. Nous ne le voyons plus pénétrer dans nos baies en troupes immenses. Les parages qu’ils affectionnait sont déserts.

Les planteurs de la côte ont renoncé à le poursuivre, et l’on ne voit plus leurs embarcations légères armées de longues lignes flottantes, maquereller, les jours de calme, et parcourir en tous sens la surface des eaux à peine ridée par les brises chaudes de l’été.

Où est-il allé ?

Qu’est devenu cet animal exquis, à la chair savoureuse, aux couleurs chatoyantes ? Qui nous ramènera ce poisson idéal, qui fait encore soupirer toutes mes gourmandises ?

Qui nous rendra le maquereau ?

Hélas ! mes regrets sont superflus.

Cependant, il vient de naître une espérance !

Nous possédons, paraît-il, un commissaire général des pêcheries tout nouveau.