Page:Puyjalon - Récits du Labrador, 1894.djvu/29

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
28
RÉCITS DU LABRADOR

précieuses indications pour la connaissance du temps.

C’est ainsi, par exemple, que, tous les soirs, ceux d’entre eux, que n’embarrassent pas les soins d’une famille, se réunissent en troupes assez nombreuses et vont se poser sur une roche moussue pour y passer la nuit ; quelle que soit la direction du vent à l’heure où ils passent, il soufflera le lendemain dans le sens qu’ils ont adopté pour leur course de la veille. Lorsqu’ils volent à de grandes hauteurs, si vous êtes au large, veillez sur votre voiture, car vous ne tarderez pas à être contraint d’amener de la toile : c’est le signe des grandes brises.

Quand vous les verrez se poser sur l’eau à la recherche des capelans, des lançons et des harengs étourdis et meurtris par la poursuite des gibbars, il fera beau. Si, au contraire, ils rasent la surface sans s’y arrêter, défiez-vous de la pluie ou de la brume : l’une et l’autre ne sont pas loin.

N’avoir restreint en rien la destruction du goëland et de ses œufs, est l’une des gloires de l’ancienne loi de chasse, qui, hélas ! en compte bien peu.

L’intelligence qu’elle a déployée en cette circonstance, le poison délétère qu’elle a trouvé et l’accès de haute philanthropie dont elle a fait preuve en nous autorisant à manger en toute saison les volailles que