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RÉCITS DU LABRADOR

Les œufs de l’eider sont gros comme ceux de la dinde, d’un verdâtre pâle, à coquille lisse et résistante, excellents au goût, surtout en omelette au lard. J’en ai mangé, c’était parfait ! À Dieu ne plaise que je veuille induire personne en tentation, mais je dois à la vérité ces aveux qui me coûtent et me vaudront, je l’implore, l’indulgence de mes lecteurs. Sur la côte, la faim pousse à tous les crimes. Cependant, si j’ai, pour imposer silence à mon estomac, dévoré l’enfant dans son enveloppe, je lui ai toujours scrupuleusement conservé une mère.

Il est inutile, je le pense, de faire l’apologie de la plume de cet oiseau. Tout le monde a entendu parler de son duvet si compressible, si léger et si chaud.

Le duvet le plus apprécié se récolte dans les nids ; puis vient celui que l’on enlève à la poitrine de l’animal encore palpitant, enfin la dernière qualité, très inférieure aux deux autres, provient de l’animal mort depuis quelques heures et déjà refroidi.

La quantité de duvet que renferment les nids n’est pas constante pour chacun d’eux et cela dès la première ponte. Quelques-uns en renferment une once, d’autres une demi-once, d’autres, enfin, un quart d’once. On peut extraire le duvet des nids sans nuire à l’éclosion, si l’on a le soin de ména-