Page:Puyjalon - Récits du Labrador, 1894.djvu/70

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
69
RÉCITS DU LABRADOR

avec eux les provisions, les armes et les canots. Ça n’est pas sans éprouver de nombreuses souffrances et courir de grands dangers, on le conçoit bien, que l’on effectue de semblables trajets.

D’autres fois, les goëlettes sont prises et broyées entre les glaces qui se relèvent subitement, et tout disparaît, hommes et choses. Ce dernier cas est heureusement très rare.

Je ne veux décourager personne, pas même les naturalistes désireux d’étudier de près les mœurs des phoques, et, s’il m’eût été possible, sans froisser la vérité, de dissimuler les légers inconvénients de la chasse aux loups-marins, je l’eusse fait de grand cœur. Cela était impossible, n’est-ce pas ? D’ailleurs, les acadiens sont des marins hors ligne et les accidents peu fréquents avec eux. Tout se réduit, en général, à se geler un peu le nez, les doigts, les lèvres et les oreilles, ce qui est bien peu de chose, surtout lorsque la chasse est productive. L’on se dégèle au retour avec les parts de prise… s’il y en a, et peu de chasseurs manquent à ce devoir hygiénique.

Lorsque la vigie d’une goélette signale des loups-marins sur une banquise, il peut se présenter deux cas :

Ou la banquise est très grande et sans