Page:Quitard - Dictionnaire des proverbes.pdf/12

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
viii
préface.

des idées, dont elle reproduit, dans ses transformations diverses, la physionomie caractéristique.

En observant avec soin les différences et les changements successifs de la langue proverbiale, on pourrait marquer toutes les phases de l’esprit des peuples. Chaque époque a ses opinions dominantes, lesquelles se traduisent en formules populaires et les proverbes d’un siècle expliquent ses goûts, ses habitudes, et l’originalité spéciale qui le différencie de tous les autres. En changeant de qualités ou de vices, la société change de proverbes, et cela explique pourquoi les proverbes disent quelquefois le pour et le contre.

Il faut distinguer dans les proverbes une vérité générale qui est de tous les temps et de tous les lieux, et qui subsiste toujours la même, malgré les changements et les révolutions, et une vérité particulière qui appartient à une époque ou à plusieurs époques à peu près semblables. La première résume d’une manière universelle l’esprit de l’humanité tout entière ; la seconde résume particulièrement l’esprit de tel ou tel peuple, avec la couleur du temps et les traits de la physionomie nationale.

Les proverbes qui expriment des sentiments universels, se retrouvent toujours et partout. Ils sont les mêmes chez tous les peuples, quant au fond ; ils ne varient que dans la forme : d’où l’on peut croire qu’ils n’ont pas été empruntés par un peuple à un autre peuple, mais qu’ils sont nés spontanément chez toutes les nations et dans tous les pays, par le seul fait du sens commun. La différence de la forme paraît prouver qu’il n’y a pas eu traduction.

Les proverbes qui sont fondés sur des opinions particulières et sur des coutumes locales, ne sortent guère du