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AFF

À demain les affaires.

C’est-à-dire, amusons-nous aujourd’hui sans penser à aucune affaire.

Pendant que Thèbes gémissait sous le joug des Spartiates, Archias, gouverneur de cette ville, fut invité un jour, avec ses principaux officiers, chez un riche citoyen, nommé Philidas, à un repas somptueux, après lequel de séduisantes courtisanes devaient se joindre aux convives pour célébrer avec eux la fête de Vénus qui avait lieu ce jour-là. Comme il était plongé dans les délices de la bonne chère, un messager lui apporta des lettres où se trouvait dévoilé le secret d’une conjuration qui était sur le point d’éclater ; il les rejeta en s’écriant : À demain les affaires sérieuses, et il demanda qu’on allât chercher les femmes promises à ses désirs ; mais à la place et sous le vêtement de ces femmes, les conjurés, dont son hôte était le complice et dont Pélopidas était le chef, furent introduits dans la saille du festin, et l’insensé, qui attendait des caresses, ne reçut que des coups de poignard. Cet événement, qui amena l’affranchissement de la Béotie, obtint une grande célébrité dans la Grèce, et la phrase à demain les affaires, passant de bouche en bouche, devint un proverbe que les insouciants et les amis de la joie affectent maintenant de prendre pour devise, et qu’ils feraient mieux de prendre pour leçon.

affection. — L’affection aveugle la raison.

On n’aperçoit pas ordinairement les défauts des personnes qu’on aime, et souvent même on prend ces défauts pour des qualités, car l’illusion est un effet nécessaire du sentiment, dont la force se mesure presque toujours par le degré d’aveuglement qu’il produit.

Le cœur a ses raisons que la raison ignore.

On voit toujours par les yeux de son affection.

Et, fût-il plus parfait que la perfection,
L’homme voit par les yeux de son affection.

(Régnier, sat. 5.)

L’historiette suivante servira de commentaire à ce proverbe.