Page:Quitard - Dictionnaire des proverbes.pdf/57

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.
37
ALP

alouette. — Il attend que les alouettes lui tombent toutes rôties dans le bec.

Ce proverbe, qu’on applique à un fainéant qui ne veut se donner aucune peine pour gagner sa vie, n’est point venu, comme le pense l’abbé Tuet, d’une allusion à la manne qui tombait du ciel pour nourrir les Israélites : il est fondé sur une tradition de l’âge d’or qu’on a fait revivre dans celle du pays de Cocagne. Voyez l’article sur cette expression, et vous y trouverez un fragment d’un poëte grec où il est dit que, pendant l’âge d’or, les grives toutes rôties volaient dans les bouches que l’appétit fesait ouvrir.

On trouve dans les prophéties de Nahum, ch. 3 : Fici cadunt in os comedentis.

Si le ciel tombait il y aurait bien des alouettes prises.

Réponse proverbiale qu’on fait pour se moquer d’une supposition absurde par une autre plus absurde :

Si cælum caderet multæ caperentur alaudæ.

Les Grecs disaient dans le même sens : Que serait-ce, si le ciel tombait ? Et notez que chez eux la possibilité de la chute du ciel n’était pas une supposition, mais une croyance entretenue par leurs poëtes qui le représentaient soutenu sur les épaules chancelantes d’Atlas, et par quelques physiciens qui le croyaient fait de pierres de taille. Les Gaulois croyaient aussi à la chute du ciel, comme le prouve la réponse de leurs envoyés auprès d’Alexandre-le-Grand, lorsqu’il allait soumettre les Gètes au delà du Danube. Ce prince, qui les reçut à sa table, leur ayant demandé ce qu’ils craignaient le plus au monde : — Rien, s’écrièrent-ils, si ce n’est que le ciel ne tombe et ne nous écrase. Paroles qui firent dire au conquérant : Αλαζόνές Κε҆λτοὶ ει҆σίν. Ils sont fiers, les Gaulois.

alphabet. — La colère se passe en disant l’alphabet.

Les vers suivants de Molière (École des Femmes, act. ii, sc. 4) expliquent très bien ce proverbe, qui se trouve parmi les six mille proverbes recueillis par Gomes de Trier, sous le titre de