Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/18

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prévit, du premier coup d’œil, les désastreux résultats des principes révolutionnaires de 1789 ; il le peignit en traits de feu, et avec toute l’ardeur et la loyauté d’un homme qui ne fut jamais ni l’instrument du pouvoir ni le flatteur des grands ; d’un homme dont presque toute la carrière fut un combat pour la liberté des autres. Mais il ne fut point compris, ni même écouté ; il prêchait au sein du désert, ou plutôt au milieu du fracas des plus horribles tempêtes. Cependant les hauts intérêts dont traitaient ses brûlans écrits, étaient précisément ceux qui nous, occupent encore aujourd’hui, et sur lesquels nous sommes encore tout neufs, à en juger par le peu d’accord qui règne entre les opinions de ceux qui sont chargés de faire marcher notre Charte, au moyen de lois et d’institutions organiques. L’hérédité et la suc cession au trône, la division des grands pouvoirs dans un gouvernement, la religion de l’État, l’autorité du monarque, les attributions constitutionnelles des Chambres législatives, l’existence d’une noblesse héréditaire, les élections et les électeurs, la liberté de la presse, le système financier, l’établissement d’une armée active, et d’une Garde nationale : telles