Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/44

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comme ses organes. Soyez sûr qu’à la seule inspection de ce titre général qui porte avec lui le caractère de l’ambiguïté et de l’incertitude, de cette formule pompeuse de signatures, à laquelle toutes les portes de votre Assemblée Nationale ont été ouvertes, à laquelle on a accordé les honneurs d’une entrée aussi majestueuse et des applandissemens aussi éclatans que si vous aviez eu à recevoir une députation solennelle de tous les représentans de la Grande-Bretagne. La Chambre des Communes, par le seul motif des fraudes qu’une telle dénomination fait craindre, plutôt encore que pour la forme, aurait rejeté loin d’elle l’adresse la plus rampante sur le sujet le moins important. Si l’adresse que cette Société a jugé à propos de vous envoyer, avait été tout simplement une dissertation, il aurait peu importé d’en connaître les auteurs, parce que leurs noms n’auraient ajouté aucune valeur à leurs opinions. Mais c’est bien autre chose : c’est ce que nous appelons resolution and vote : comme qui dirait un décret. Alors sa force est dans son authenticité ; et comme cette authenticité n’est l’ouvrage que d’un certain nombre d’individus, parmi lesquels très —peu se sont fait connaître, il me semble qu’ils auraient tous dû y apposer leur signature : alors le monde entier aurait pu savoir combien ils sont, qui ils sont ; et leur habileté personnelle, leurs connaissances, leur expérience, la considération dont ils jouissent dans l’Etat, auraient déterminé le degré d’importance que l’on doit mettre à leurs opinions. Quant à moi, qui suis un homme sans détours, je trouve leur procédé un peu trop adroit.