Page:Réflexions sur la révolution de France.pdf/45

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Cela a trop l’air d’un stratagème politique, dont but est de donner, à l’abri d’une qualification sonore, de l’importance aux déclarations publiques de ce club ; déclarations qui n’en paraissent pas très-dignes, quand on les examine un peu de près. Ce genre de politique a beaucoup de la physionomie de la fraude. Je me flatte que j’aime autant qu’aucun de ces mes sieurs, quel qu’il soit, une liberté mâle, morale et bien réglée ; que même j’ai peut-être donné d’aussi bonnes preuves qu’aucun d’eux de mon attachement à cette cause dans tout le cours de ma conduite publique. Je crois que la liberté des autres nations n’est pas plus pour moi que pour eux un objet de jalousie ; mais je ne peux me mettre en avant, ni distribuer la louange ou le blâme à rien de ce qui a rapport aux actions humaines et aux intérêts publics, sur le simple aperçu d’un objet dénué de tous ses rapports, dans toute la nudité et dans tout l’isolement d’une abstraction métaphysique. Les circonstances, qui ne sont rien pour quelques personnes, sont pourtant, dans la réalité, ce qui donne à tout principe politique sa couleur distinctive et son véritable caractère. Ce sont elles qui rendent un plan civil et politique, utile ou nuisible au genre humain. Dans un sens abstrait, l’on peut dire du gouvernement, aussi bien que de la liberté, que c’est une bonne chose. Mais aurais-je raisonnablement pu, il y a dix ans, féliciter la France sur son gouvernement, car alors elle en avait un, sans m’être informé auparavant de la nature de ce gouvernement, et de la manière dont on l’administrait ? Puis-je au-