Page:Régnier - 1914-1916, poésies, 1918.djvu/53

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.



LE BLESSÉ


À Mme Michaud-Lapeyre.


« Je te donne ma vie et le sang de ma veine,
La force de mes mains et l’éclair de mes yeux ;
De tout cela fais-en une farouche haine
Et conduis ma colère à des combats joyeux ;

« Que ta voix héroïque à son appel m’entraîne
Vers la balle sournoise et l’obus monstrueux,
Et que mon bras défende à la horde germaine
Les foyers de la race et le sol des aïeux.