Page:Régnier - Escales en Méditerranée.djvu/110

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nous sommes allés à terre. C’est dimanche. Les rues de la petite ville eubéenne sont animées et très vivantes. On se retourne au passage des étrangers avec une curiosité aimable. Beaucoup de jeunes filles et de jeunes garçons. Soudain, dans la foule promeneuse, des remous, des cris, des fuites... C’est un cheval échappé qui parcourt la rue au galop. Heureusement un homme s’est jeté à la tête du cheval. L’animal s’est cabré, l’a entraîné un instant, puis s’est arrêté, maîtrisé. On a applaudi cette métope vivante.




Le pilote vient de monter à bord, car le passage du canal de l’Euripe au golfe d’Atalanti est difficile à cause de la violence du courant et du resserrement des deux rives et il y faut gouverner avec prudence et exacte connaissance du fonds, sous peine de se « mettre au plein ». Le pilote est un grand gaillard maigre, à tête de Don Quichotte. Il parle fort bien français, car il l’est. Pourquoi est-il venu se fixer à Chalchis ? Il y est marié et a ouvert une école. Enfin c’est lui qui, demain de bonne heure, nous fera franchir la passe.