Page:Régnier - Escales en Méditerranée.djvu/112

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


La vedette nous a menés dans la petite île de Skiatos. Une grève déserte y chauffe au soleil son sable fin où le chien chinois, tout joyeux de quitter le plancher du pont et le tapis du salon, creuse des trous avec son nez camard. Il témoigne d’une joie frénétique, flaire, gratte, se roule. Nous nous sommes assis sur un talus d’herbe rase. Je ne sais sur quel sujet s’est engagée entre nous une conversation très animée et ce fut en discutant que nous regagnâmes la vedette. Soudain, comme elle commençait à s’éloigner, nous aperçûmes à la surface de l’eau une chose étrange, une sorte de boule brune que surmontait un panache de poils. C’était le pauvre petit Chinois que nous avions oublié et qui, de toutes les forces de ses pattes, nous suivait à la nage, en évitant soigneusement de mouiller sa belle queue qu’il agitait désespérément. Nous l’avons recueilli ruisselant, piteux, affectueux et son pauvre cœur de chien battant fort de cet exploit nautique.




Dans une barque, collée à la coque du yacht, un gros homme vêtu d’une longue robe noire, barbu et chevelu, coiffé d’un haut chapeau de feutre noir, est debout. Le soleil