Page:Régnier - Escales en Méditerranée.djvu/120

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le manque d’appropriation de l’objet à l’usage qu’on lui destine. Ainsi, tenez, je fais venir M. D... Je lui dis : « Monsieur D..., faites-moi un diadème pour coiffure de soirée. Prenez le temps qu’il faudra. » Au bout de deux ans, il m’écrit que le diadème est achevé. Alors, apportez-le moi, monsieur D... Il arrive. « Eh bien, où est-il mon diadème ? » — » Madame, je l’ai laissé en bas... Il est un peu lourd. On va le monter. » Le diadème n’a jamais quitté la vitrine. Il est très beau.

— Cela ne se voit qu’à Paris...

— Quand nous serons à Paris...

— Ce serait un charmant garçon, s’il avait eu de quoi vivre honnêtement...

— Jolie, évidemment, elle est jolie. Il ne manquerait plus qu’elle ne le soit pas.

— On peut dire de lui ce qu’on voudra, il est vulgaire, il est brutal, il est mufle, mais il n’y a que lui pour...

— Bruyant, évidemment Paris est bruyant, et cependant une fois, en été, c’est vrai, j’y ai entendu le silence. Je m’en souviens très bien. C’était au coin de la rue Matignon et des Champs-Élysées. Pas un bruit. Cela a duré une minute.

— Non, cette année-là...

— On dit beaucoup qu’il est son amant. Cela ne prouve rien, naturellement. On dit