Page:Régnier - Escales en Méditerranée.djvu/119

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à voir. J’écoutais un roulement de voiture. Je respirais l’air de Paris et cependant, autour de moi, s’étendait la mer doucement nocturne, et nous faisions route pour Constantinople. Dans l’ombre transparente, de fauteuil à fauteuil, des voix amies s’interpellaient et se répondaient. Des propos s’échangeaient...

— Mais non, il n’habite plus rue Greuze. Vous savez bien, il fait construire. Il a hérité d’un terrain à Auteuil, tout près de l’ancienne maison des Goncourt. C’est le legs d’une vieille cocotte, du temps de la présidence de M. Grévy, dont il a entouré d’hommages les rhumatismes et les petits chiens qu’il menait pisser, quand la dame ne pouvait plus, – elle qui avait tant levé la jambe, – les conduire lever la patte contre le réverbère. Il aurait dû, lorsque la susdite dame est morte, faire voiler de crêpe, par reconnaissance, celui qu’arrosaient ces bestioles qui lui furent, en somme, lucratives.

— Je n’aime pas sa dernière exposition. Oui, il a encore du talent, mais il me fait penser à ces gens qui ont engraissé et dont il faut chercher les traits dans l’empâtement et la bouffissure de leur visage.

— Mais j’en suis tout à fait sûr. Elle n’a passé à Paris que le mois de mai.

— Ce qui me choque dans tout cela, c’est