Page:Régnier - Escales en Méditerranée.djvu/122

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ce vieux gentleman si respectable avec ses immenses favoris blancs. Ma concierge qui le voyait passer tous les jours me disait de lui : « Monsieur, c’est l’honneur du quartier. »

— Il a été fou de cette petite. Il s’enfermait des heures avec elle dans l’atelier et elle en repartait, les mains bien garnies d’esquisses, de petites toiles, de dessins. Un soir, comme elle s’en allait, elle trouva au bas de l’escalier l’épouse légitime qui l’attendait. « Ma chère enfant, vous pouvez faire avec lui ce que vous voudrez, mais rendez les dessins. » C’est à lui que le médecin qu’il était allé consulter pour savoir s’il pouvait encore faire l’amour, répondit : « Oui, mais sans parler. »

— Il est arrivé à Paris ne connaissant personne, sans un sou.

— Ce fut un duel absurde...

— Vous avez été très amoureux d’elle. Ce n’est pas la peine de vous en défendre. Elle était charmante et vous ne deviez pas être mal, en ce temps-là.

— Quand nous serons à Paris...

— C’est une occasion magnifique. Pensez donc, peut-être le seul tableau authentique de ce peintre dont même les œuvres apocryphes sont admirables. Il n’y a pas de quoi rire. Je ne me consolerai jamais d’avoir manqué