Page:Régnier - Escales en Méditerranée.djvu/133

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Validé-Djami et l’échelle des Serkadji à travers le quartier juif de Balata et le quartier grec du Fanar ; Balata aux taudis sordides, aux odeurs de boucheries et de fromageries, aux échoppes misérables, aux boutiques borgnes devant lesquelles circulent, non voilées, des femmes et des hommes au nez crochu dont beaucoup portent encore la longue lévite sémitique ; le Fanar aux lourdes maisons de pierre, massives et closes comme des coffres-forts, percées d’étroites fenêtres, le Fanar qui, dans le Stamboul turc, conserve encore un caractère byzantin.




Nous n’avons pas de plan arrêté et nous allons un peu au hasard. Cependant une de nos premières visites fut pour Sainte-Sophie. C’est une infirme magnifique. Il a fallu l’étayer par les énormes arcs-boutants qui la soutiennent et semblent agripper la carapace de sa coupole avec de gigantesques pattes de crabes. A l’intérieur où les mosaïques sont cachées par un badigeon, la splendeur des marbres ennoblit son immensité. Les marbres s’étalent en parement et en revêtement, montent en colonnes, se découpent en fenestrages, luisent, miroitent, juxtaposent leurs blancheurs lisses et leurs couleurs polies. Ajourés