Page:Régnier - Escales en Méditerranée.djvu/155

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accompagnent jusqu’au pavillon du Trésor. Devant la porte se tient un très vieil homme. C’est lui qui doit défaire et refaire les sceaux de cire, des serrures et il s’acquitte avec soin de sa tâche. Les pans de sa longue redingote lui battent les talons. Il donne mal l’idée du luxe oriental.

En voici cependant des vestiges dans les vitrines qui garnissent les murs de la salle. Les aimables jeunes officiers qui nous escortent ont mis discrètement la main à la crosse de leur revolver. Sans doute est-ce en l’honneur du grand trône d’or, incrusté de rubis, d’émeraudes et de perles que nous considérons respectueusement. Alentour sont exposées des étoffes enjoaillées, des armes qui voisinent avec des vases et des flacons précieux. Saluons ces trois énormes émeraudes avant de monter à la galerie supérieure où la cotte de mailles et le cimeterre du Sultan Mourad IV, damasquinés et endiamantés, étalent leur richesse guerrière et où une émeraude plus grosse encore, suspendue à une chaîne d’or, oscille au sommet d’un trône dont ses incrustations de nacre et de pierreries font un important et minutieux joyau.

Nous ne sommes plus au temps où, vêtus de leur robe d’apparat, les Sultans prenaient place sur ces sièges à jamais vides, mais elles