Page:Régnier - Escales en Méditerranée.djvu/154

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longues méditations, aux lentes rêveries. Sans doute Loti y vient parfois songer à son passé musulman, au temps, où, dans sa petite maison de Stamboul, au fond du quartier d’Eyoub, coiffé du fez, il jouait à l’effendi et vivait avec Azyiadé le roman d’amour qui est resté pour lui l’image même et la mystérieuse figure de sa jeunesse. Il en respire dans son souvenir, avec une mélancolie passionnée et un regret désespéré, la fleur odorante, cueillie aux rives du Bosphore et qui s’est conservée aussi fraîche dans sa mémoire que les œillets d’émail peints sur les carreaux de faïence aux murs fleuris de la mosquée Mehmed Zoccoli.




Autorisés à la visite du Seraï, nous nous sommes présentés à la Sublime Porte ou plutôt à la porte Bab-i-Houmayoun par laquelle on pénètre dans l’enceinte qui renferme les palais, les cours et les jardins de ce séjour des anciens Sultans. La cour des Janissaires traversée, nous voici arrivés à la Porte de la Félicité, celle que gardent les eunuques blancs et noirs. Quelques-uns de ces messieurs nous regardent passer. Deux brillants officiers nous