Page:Régnier - Escales en Méditerranée.djvu/171

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ne fut plus brutal, plus féroce, plus perfide ; nulle part n’ont régné plus durement le glaive et le sabre. Son histoire exhale une odeur d’aromates, de sang, et les pures eaux même du Bosphore demeurent souillées du souvenir des sacs humains dont les toiles cousues rôdaient au gré des courants où on les avait immergés.




Nous avons remonté le Bosphore et le yacht est ancré dans la baie de Beïcos, près de la Côte d’Asie, en face de Thérapia. Cette côte d’Asie est assez solitaire. Quelques maisons au bord de l’eau, sur un quai, de grands arbres sous lesquels se promènent des sentinelles turques dont nous entendons, la nuit, l’appel guttural qu’elles échangent de l’une à l’autre... En face, sur la côte d’Europe, s’étagent et s’échelonnent des villas, les bâtiments et les jardins des ambassades, parmi lesquelles la longue façade rougeâtre de l’ambassade de France. Thérapia est le centre de la vie élégante constantinopolitaine. Sports et déjeuners, garden-parties, tennis, robes d’étés, ombrelles, charrettes anglaises, caïques...