Page:Régnier - Escales en Méditerranée.djvu/195

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


l’une parfois s’écroule avec un son métallique. Aurons-nous assez de pièces pour faire contrepoids au mystérieux vase marin ? Peu à peu le fléau oscille. Le plateau sur lequel est posé le vase se soulève doucement et atteint le niveau de celui que chargent les pièces à effigies. Puis tous deux se tiennent en équilibre et s’immobilisent. Une à une, l’homme barbu a compté les pièces sous l’œil farouchement attentif du pêcheur et il les a enveloppées dans le vieux journal. Comment en feront-ils le partage ? Lequel des deux volera l’autre ? Je les entends s’éloigner, l’homme barbu sur les semelles de ses espadrilles, le pêcheur sur la corne de ses pieds nus. Ils ont regagné leur barque. Lequel des deux jettera l’autre à l’eau pour s’approprier le magot ? Un cri va-t-il s’élever ou le bruit mou d’un plongeon ? J’écoute, mais rien ne trouble la nuit merveilleuse, la nuit de contes d’Orient qui nous a apporté du fond de la mer le vase d’or où a bu peut-être, de ses lèvres aventureuses, Sindbab le marin ?




Ce matin, nous avons doublé le Cap Trio, pointe extrême de la presqu’île de Cnide. Monté sur le pont, ce n’est pas au petit chien