Page:Régnier - Escales en Méditerranée.djvu/200

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quoi restez-vous ainsi dans l’obscurité ? » Elle n’a pas répondu, mais il nous a semblé qu’elle pleurait. Alors un domestique est entré. Il a allumé les lampes et, quand il a fait clair, nous nous sommes aperçus qu’elle n’était plus là...

Je suis étendu sur mon lit. Je ne dors pas. Je sais que cette forêt, cet étang, ce salon, cette femme, ces lampes ; je sais que tout cela c’est un rêve et je sais que ce rêve je l’ai rêvé il y a très longtemps. Il attendait depuis des années peut-être l’instant de revenir à mon souvenir. Il s’est envolé de ma mémoire, comme cet oiseau d’eau, de l’étang de la forêt.




Je suis monté sur le pont au moment où le yacht achevait de mouiller ses ancres. Entre deux promontoires où des moulins à vent étendent leurs ailes, s’ouvre une large baie, au fond de laquelle s’amarrent à un quai quelques barques. Le long de ce quai, se dresse une haute muraille crénelée, de pierre fauve, percée à son milieu d’une porte fortifiée. Au-dessus de la muraille on aperçoit quelques cimes de palmiers et la toiture et les tours d’une grande église de style gothique. Ce sont