Page:Régnier - Escales en Méditerranée.djvu/199

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siège de 1540. Nous sommes restés longtemps au soleil couchant à contempler cette solitude dont rien ne troublait le silence.




En mer. — La nuit est chaude. J’ai arrêté l’hélice du ventilateur. Je suis étendu sur mon lit. Je ne dors pas. Des images passent dans mon souvenir. Qu’il faisait donc bon dans la forêt ! Nous avions suivi un étroit sentier. C’était une belle journée d’automne, mais la forêt était encore dans toute sa forte verdure. Seule la qualité de l’air annonçait l’arrière-saison. Parfois perçait une pointe de fraîcheur aiguë, et l’odeur des feuilles encore vivantes avait en elle une sorte d’acidité secrète, mais le soleil luisait dans un ciel pur. Nous sommes arrivés jusqu’à un étang forestier d’où s’est élevé avec un cri un oiseau d’eau. Nous avons encore marché longtemps et le soleil avait disparu quand nous avons atteint la maison. La grande allée qui y conduit était presque crépusculaire et, dans le salon où nous entrâmes, il faisait presque sombre. A notre entrée, elle s’est levée du fauteuil où elle était assise. Elle était très grande et portait une robe sans ceinture qui la faisait paraître plus grande encore. L’un de nous lui dit : « Pour-