Page:Régnier - Escales en Méditerranée.djvu/234

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cendent nos bagages dans le canot qui va les transporter à bord du paquebot en partance pour Marseille et sur lequel nous allons nous embarquer. C’est la dernière heure de la belle croisière qui, pendant près de deux mois, nous a promenés en Méditerranée, dans une parfaite entente d’amitié, grâce à la généreuse et charmante hospitalité marine que nous a donnée le Duc Decazes sur son Velleda. Nous voici tous assemblés autour de lui : René-Raoul Duval et sa charmante femme Georgie, lui, si bon, si serviablement cordial ; elle en sa grâce spirituelle et malicieuse de créole louisianaise ; l’aimable et courtois Raoul Johnston et vous, cher Gérard d’Houville qui, bien que votre père fût venu jadis en France des lointaines Antilles, n’aviez pas le pied très marin et préfériez les indolentes rêveries des calmes nuits étoilées aux hâtes curieuses des escales. Nous voici tous une fois encore autour du maître de Velleda qui, bien que la journée ne soit pas très avancée, allume au moins son dixième cigare.