Page:Régnier - Escales en Méditerranée.djvu/24

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Avignon. Le Palais des Papes, robuste, monumental et dur. Des petites rues descendantes longent les soubassements. De là toute l’énormité de la forteresse apparaît, massive, perpendiculaire, écrasante.




Arles. Les Alyscamps. Les tombeaux de pierre s’alignent le long de la voie des peupliers dont le frémissement berce ce néant, d’une rumeur éolienne et lui donne une âme. Le lieu est à peine triste. C’est grave et beau ; des libellules bleuâtres et vertes vont et viennent ; elles ont des ailes de Psychés ; elles volent, transparentes, païennes et funéraires.




Abbaye de Montmajour. Un vent furieux, dans un ciel de soleil, bat les vieilles murailles jaunes de pierre surdorée. Toute la ruine gronde et siffle. On entre dans de vastes salles voûtées et vides. Les marches de l’escalier qui va à la crypte de l’église se sont unifiées en une pente douce qui descend vers l’ombre. On a derrière soi la clarté d’une étroite fenêtre. De l’autel on en voit cinq autres dans cinq chapelles rayonnantes. Le bruit du vent