Page:Régnier - Escales en Méditerranée.djvu/25

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s’est tu derrière les épaisses murailles. Rien ne trouble le silence de cette profonde cavité à demi ténébreuse, mais en remontant vers la nef supérieure, on entend de nouveau le souffle reprendre sa rage ensoleillée et claire qui, au sortir, vous assaille au visage de poussières acérées et piquantes.




Arles. Dans le cloître de saint Trophime, il y a des colombes. Elles se perchent sur le vieux toit qui domine le préau herbu. Parfois elles roucoulent doucement, puis elles s’envolent une à une, ou toutes ensemble. Le cloître est ombre et soleil. Dans la pierre des colonnes de longs personnages s’adossent en robes de clercs ou de docteurs, le bâton ou le rouleau à la main, en allures roides de pieuses marionnettes ; au-dessus d’eux les chapiteaux sculptés fleurissent et fructifient. À un angle, un puits a pour margelle un tronçon de colonne antique. L’heure sonne à même le temps dans le clocher carré.




Arles. Le beau sarcophage antique du musée d’Arles, aux parois à bas-reliefs, est d’un