Page:Régnier - Escales en Méditerranée.djvu/240

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de fer soutiennent un toit métallique, mais, à peine quelques pas faits loin de cette horreur moderne, on est au milieu des pins, dans leur senteur résineuse, dans leur ombre traversée de rais de soleil, sous le murmure marin de leurs cimes sonores. Nous avons suivi d’étroits sentiers, tapissés d’aiguilles, nous nous sommes étendus sur l’herbe et des heures ont passé ainsi. Silence, solitude, vols d’oiseaux, frémissements d’insectes, rumeurs aériennes, odeurs végétales et terrestres, solitude, silence.

Nous sommes ainsi arrivés jusqu’au couvent bâti sur le point le plus élevé de l’île dalmate. Un moine dont la robe de bure était du brun des pommes de pin nous a conduits dans un cloître ombreux et frais. Une fontaine y murmurait doucement dans sa vasque usée. Une porte basse s’est ouverte sur une longue terrasse toute fleurie de roses. De là, on dominait l’île forestière que dorait un soleil déclinant sur l’étincellement bleu de l’Adriatique.




Nous avons laissé Raguse enturbanée de ses vieux remparts vénitiens et nous voici ancrés devant Spalato. Dans les ruines du Palais bâti par l’empereur Dioclétien, Spalato entre-croise ses ruelles étroites et caillouteuses et entasse