Page:Régnier - Escales en Méditerranée.djvu/32

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odeurs marines, vaseuses ou goudronneuses. Mais ce n’est pas de là que partent les grands transports, les puissants cargos, les vastes paquebots, ce n’est pas là qu’ils abordent, déchargent leurs cargaisons, rechargent leurs cales et leurs soutes. Ce n’est pas là que sont leurs appontements, leurs débarcadères. Ce n’est pas là que plongent en leurs flancs les bras métalliques des grues. Ce n’est pas de là qu’ils appareillent vers les mers lointaines. C’est plus loin qu’ils ont leurs bassins, avec leurs docks, leurs hangars, leurs douanes. Il faut marcher longtemps pour explorer leur immense domaine maritime, le royaume où se repose leur caravane nautique venue des parages du Levant ou des confins de l’Extrême-Orient, des contrées dont Marseille est la porte, toujours ouverte à tous les échanges et à tous les trafics.

Souvent je prenais le chemin qui longe la mer et la surplombe en corniche, le chemin que dominent de beaux ombrages à travers lesquels se montrent de riches demeures, mais bientôt un singulier attrait me ramenait, du Marseille de plaisance et de luxe, au Marseille populeux de la Cannebière et du Vieux Port,