Page:Régnier - Escales en Méditerranée.djvu/42

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ESCALES


La portière du wagon ouverte, je vois accourir deux matelots qui attendaient l’arrivée du train. Vêtus de toile blanche, cols bleus, bérets blancs, ils se précipitent sur nos valises. Je remarque leurs figures sympathiques, leur désinvolture, l’adresse de leurs mouvements. Avec eux nous sortons de la gare et la voiture nous emporte à travers Marseille. La nuit est douce et belle. La Cannebière flambe de tous les feux de ses cafés illuminés. Nous voici au Vieux Port. Le yacht est amarré à quai. Poignées de main, paroles, rires, cabines. L’odeur de cuir des valises se mêle à l’odeur du bord, cette indéfinissable odeur où se retrouvent celles des vernis, des huiles, des goudrons, cette odeur d’iode et de sel qui est comme l’haleine marine du voyage. Peu à peu les bruits de la ville