Page:Régnier - Escales en Méditerranée.djvu/41

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n’avait fait qu’obéir à mon injonction secrète, qu’il n’était que le serviteur tout-puissant de mes rêves. Dans la région mystérieuse où il résidait il avait entendu ma muette invocation. C’est pourquoi il m’apportait la grande clé d’or, celle qui ouvre la porte du soleil et les passages de la mer, et tandis qu’il me parlait son visage était plus clair que l’aurore dans le ciel et son vêtement plus éclatant que la lumière de midi...

J’ai reçu une seconde fois la visite du Magicien. Je croyais ne le revoir jamais et cependant il est revenu. De nouveau je l’ai suivi, de nouveau il me remit la clé magique. Quand elle m’a eu ouvert tout l’Orient je l’ai jetée dans la mer, et je sais qu’il ne me la rapportera plus. Que m’importe ! Je n’ai plus besoin du Magicien au visage couleur du ciel et au vêtement couleur de la mer. Le ciel et la mer se reflètent dans ma mémoire et, quand je me penche sur elle, elle me renvoie dans son miroir toutes les images de mon bonheur vagabond.