Page:Régnier - Escales en Méditerranée.djvu/50

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Nous y voici parvenus à cette citadelle. À son pied s’étend une esplanade d’où l’on a une vaste vue de mer. Dans le lointain se profile la côte de Sardaigne. Tout l’air est rempli d’un soleil éclatant. Sur l’esplanade, il y a trois ou quatre arbres au maigre feuillage qui donnent un peu d’ombre. Un groupe de garçons et de fillettes s’y est réfugié. Trois d’entre elles sont affublées de grands voiles de mousseline blanche dont elles s’enveloppent la tête et qui les couvrent presque entièrement. Elles tiennent à la main, chacune, un bouquet de fleurs et s’avancent en minaudant avec des saluts cérémonieux. Les garçons leur répondent par des salamalecs pleins de gravité et de prétention. Ils tiennent aussi des fleurs à la main. Puis filles et garçons ayant fini leurs simagrées se prennent par le bras et se mettent à défiler d’un air pompeux et officiel en tournant autour des arbres. À quoi jouent-ils ? Au mariage, car le cortège est précédé par un gros bonhomme de sept à huit ans qui, la culotte trouée, imite admirablement le roulement du tambour. Un autre mioche manie un bâton deux fois haut comme lui. Celui-là représente évidemment le personnage du suisse. Notre présence ne les dérange pas et la noce enfantine continue à tourner au bruit du tambour, autour des arbres à feuil-