Page:Régnier - Escales en Méditerranée.djvu/56

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d’un masque, coule encore une onde limpide ! Entrons dans ses maisons qu’embellissent encore de fraîches peintures. Voici l’atelier d’un potier ; voici la boutique d’un marchand de vin, les amphores y sont toujours à la même place. Ici demeurait un magistrat ; là logeait un rhéteur. La mosaïque du seuil nous dit encore « Salve » ou nous crie « Cave canem ». Mais le croc et l’aboi du chien ne sont plus à craindre. Un silence profond règne en ces lieux, que seul rompt la pioche d’un ouvrier ou le pas d’un gardien. D’ailleurs nulle tristesse ne s’exhale de cette solitude. Pompéi semble attendre la reprise de son antique existence interrompue. Elle semble plus abandonnée que détruite, et nous aussi nous nous éloignerons d’elle. Ne sommes-nous pas des voyageurs, passants d’une heure, d’un jour, passants d’une vie ?




J’ai revu Naples avec plaisir, mais nous n’y resterons pas longtemps, car la chaleur y est extrême et un torride soleil d’été chauffe l’eau du port où nous sommes ancrés et où s’ébat autour du yacht une marmaille criarde et ruisselante qui, des barques où elle gesticule, sollicite, avec des mimiques imagées, la pièce