Page:Régnier - Escales en Méditerranée.djvu/58

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San-Domenico qui abrite ceux des rois d’Aragon, au Duomo où repose dans sa riche chapelle la fiole légendaire qui contient le sang miraculeux de saint Janvier. Il fait meilleur dans cette ombre que sur les dalles piétinées de la longue et populeuse rue de Tolède, mais il fera meilleur encore dans les salles obscures de l’Aquarium. Ses grands tableaux de verre et d’eau nous offriront des images vivantes du mystérieux monde sous-marin au-dessus duquel le beau yacht qui nous porte fièrement est semblable à quelque monstre élégant et docile qui en aurait émergé pour se mettre au service du plaisir des hommes de la terre.




Je suis monté jusqu’à la Chartreuse de San-Martino. Une vieillie « carozella » m’y a mené par de rudes chemins. En route, en ce faubourg qu’habite une populace misérable, on croise de singulières figures, brigands de carrefour et madones de ruisseau. Ce qui m’attire là-haut, c’est moins le petit musée et sa grande crèche aux mille personnages de Noël peinturlurés, c’est moins l’étonnante voiture où Garibaldi fit son entrée triomphale à Naples, que le beau cloître de la Chartreuse aux arcades régulières où, sur la balustrade qui